Quand les excréments humains sauvent des vies

29/10/2014
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C’est grâce à un jeu ludique qu’Open Biome, première banque de selles à but non lucratif basée à Boston aux Etats-Unis, motive ses fidèles à faire des dons de leur matière… fécale. « Généralement, les gens sont excités à l’idée de changer la vie des malades grâce à leurs selles, se réjouit Carolyn Edelstein, directrice des partenariats. Ces jeux ludiques autour des plus gros donneurs permettent de rendre la procédure un peu plus séduisante. » Chaque année, 500 000 Américains sont touchés par le clostridium difficile, une bactérie qui provoque diarrhées infectieuses et troubles intestinaux. Si 80 % d’entre eux sont guéris grâce à de fortes doses d’antibiotiques, les 20 % restants voient l’infection prendre dangereusement de l’ampleur. Une solution s’offre alors : la transplantation fécale. Cette technique, qui fonctionnerait dans 90 % des cas, est au coeur de la mission d’Open Biome. La banque recueille les selles, les traite et en fait des gélules, vendues aux hôpitaux. « Les selles d’un donneur en bonne santé sont transplantées dans le colon d’un malade, détaille Carolyn Edelstein, au moyen d’une coloscopie, d’un lavage intestinal ou d’une sonde naso-gastrique. Ainsi, les bonnes bactéries présentes dans le colon du donneur repeuplent celui du malade, jusqu’à surclasser la bactérie clostridium difficile. »