Thyroïde : entre hyper et hypo, un équilibre difficile

Médecine et santé - AVENIR SANTÉ MUTUELLE - 23/03/2021

200 millions de personnes dans le monde, souffrent de troubles de la thyroïde. En France, c’est presque une personne sur dix qui est concernée. Dès lors, mieux vaut en connaître les facteurs de risques pour mieux s’en prémunir et savoir en identifier les symptômes pour bénéficier, au plus tôt, d’un traitement adapté.

La thyroïde, c’est quoi ?

La thyroïde est une glande spécialisée dans la fabrication d’hormones qui facilitent le travail de nombreuses cellules du corps à tous les niveaux de l’organisme comme le cœur, les yeux, les muscles, le cerveau, etc. Elle a la forme d’un papillon de 6 cm et pèse entre 10 et 25 grammes. Elle est située à la base du cou, sous le larynx, à l’avant de la trachée, sous la peau, derrière les muscles du cou.

Elle produit des hormones thyroïdiennes qui stimulent la plupart des activités exercées par les organes. Deux hormones sont particulièrement importantes, la thyroxine (T4) et la tri-iodothyronine (T3). Elles contrôlent de nombreuses fonctions métaboliques comme la consommation d’oxygène, la température corporelle, l’utilisation du sucre et des protéines. Elles interviennent également dans le fonctionnement de nombreux systèmes (muscles, rythme cardiaque, système nerveux).

La thyroïde joue un rôle important tout au long du cycle de vie, même avant la naissance, car elle participe au développement cérébral du fœtus :

  • Elle permet de réguler la température du corps ;
  • Elle a une influence sur le poids et la masse musculaire ;
  • Elle intervient dans la solidité des os ;
  • Elle joue sur l’humeur et stimule le système nerveux central ;
  • Elle module le taux de cholestérol et la glycémie ;
  • Elle augmente ou réduit le rythme cardiaque ;
  • Elle régule le transit intestinal.

Les facteurs de risques

Le sexe et l’âge peuvent augmenter le risque de développer un trouble de la thyroïde. Les femmes ont plus de risques de développer une pathologie ou un cancer de la thyroïde. Les personnes âgées de plus de 55 ans sont également plus exposées.

L’hérédité ou des antécédents de troubles de la thyroïde chez soi ou dans sa propre famille, peuvent augmenter le risque.

Fumer nuit gravement à la santé, c’est bien connu, et le risque de développer une maladie thyroïdienne en est une des conséquences.

Consommer trop ou pas assez d’aliments iodés ou prendre des compléments iodés peut accroître le risque de problèmes de la thyroïde, comme d’ailleurs, la prise de certains médicaments.

Les symptômes

Certains symptômes peuvent aiguiller vers un dérèglement thyroïdien. Plus vite le diagnostic sera établi, par une palpation ou une prise de sang par exemple, plus vite la maladie sera détectée et le patient pris en charge.

L’hyperthyroïdie

L’hyperthyroïdie est provoquée par la production excessive d’hormones de la glande thyroïde. Elle peut provoquer certains des symptômes suivants :

  • Un sentiment de grande fatigue ;
  • Une certaine irritabilité ;
  • Des troubles de l’humeur, anxiété, angoisse sans raison, pouvant aller jusqu’à la dépression ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Un amaigrissement malgré un appétit qui augmente ;
  • Une réaction anormale de transpiration et une certaine intolérance à la chaleur ;
  • Le besoin de boire souvent ;
  • Des palpitations, accélération du rythme cardiaque ;
  • Un tremblement léger au niveau des mains ;
  • Pour les femmes, une modification du cycle menstruel. Les règles deviennent plus légères ou plus rares ;
  • Fréquence des selles supérieure à la normale, diarrhées.

L’hypothyroïdie

La production insuffisante d’hormones par la glande thyroïde est appelée hypothyroïdie. Elle provoque des symptômes très différents de l’hyperthyroïdie, voire des effets inverses :

  • Baisse de la température du corps (ou hypothermie), sensation d’avoir froid ;
  • Perte des poils, des sourcils ;
  • Fatigue physique et intellectuelle ;
  • Sensation fréquente de sommeil ;
  • Pâleur et sécheresse de la peau ;
  • Difficultés à garder une certaine concentration ;
  • Pertes de mémoire ;
  • Constipation inhabituelle ;
  • Risque d’œdème ;
  • Prise de poids malgré un manque d’appétit ;
  • Rythme du cœur plus lent ;
  • Crampes, douleurs et raideurs musculaires ;
  • Pour les femmes, règles plus fréquentes et plus abondantes.

Le goitre

L’apparition d’un goitre (augmentation de volume de la glande thyroïde) traduit un dysfonctionnement de la glande thyroïde. Il peut d’ailleurs n’y avoir d’autre symptôme que le gonflement dans le cou, qui peut être très important et qui peut entraîner des difficultés à respirer ou à avaler et des troubles de la voix. Le goitre est généralement indolore, toutefois une thyroïde enflammée (thyroïdite) peut être douloureuse.

Il peut être lié à un déséquilibre dans la synthèse des hormones thyroïdiennes, une carence en iode, une affection de la glande (thyroïdite, maladie de Basedow) ou bien encore une tumeur.

Les nodules thyroïdiens

Un nodule thyroïdien ne provoque généralement aucune douleur. Il est bien souvent détecté par hasard, à l’occasion d’un examen clinique, d’une palpation ou d’une imagerie médicale. Il peut se présenter sous forme de nodule colloïdal, qui est la forme la plus courante, mais aussi sous forme de kyste, en majorité bénin, ou d’adénome, une tumeur bénigne qui évolue lentement.

 

Le diagnostic

La palpation

En cas de suspicion de trouble thyroïdien, la palpation est le premier acte médical que le médecin exercera. Il pourra ainsi détecter un goitre ou un nodule. Mais il effectuera plusieurs examens complémentaires pour confirmer son diagnostic et pour adapter le traitement au dysfonctionnement constaté.

L’analyse de sang

La thyroxine (T4) et la thyroxine libre (FT4), généralement couplées à la TSH sont fréquemment dosées pour diagnostiquer un dysfonctionnement de la thyroïde. Ces deux hormones représentent plus de 80% des hormones produites par la thyroïde.

Un dosage sanguin permet également de rechercher des anticorps anti-thyroïde qui peuvent révéler une maladie auto-immune de la thyroïde (maladie de Basedow, thyroïdite de Hashimoto…).

 

L’échographie de la thyroïde

L’échographie thyroïdienne se pratique à l’aide d’une sonde à ultrasons que le praticien applique sur le cou. Il visualise ainsi la thyroïde et peut détecter la présence de nodules.

Le cas particulier des femmes enceintes

Extrait des mises à jour en Gynécologie et Obstétrique Tome XXVIII du Collège National de Gynécologues et Obstétriciens Français :

« La pathologie thyroïdienne est la deuxième cause de maladie endocrinienne en cours de grossesse et l’obstétricien est fréquemment amené à suivre ces grossesses conjointement avec l’endocrinologue. Même si la survenue d’une affection thyroïdienne chez la femme enceinte est relativement peu fréquente, il est pourtant essentiel de reconnaître une dysthyroïdie au cours de la grossesse car celle-ci peut retentir sur l’évolution de la grossesse, et inversement. L’hypothyroïdie ou l’hyperthyroïdie non traitée peuvent avoir des conséquences sur le développement du fœtus (mortalité, retard de développement cérébral, dysthyroïdie fœtale…). Il est donc important de détecter, typer et éventuellement traiter toute anomalie thyroïdienne en début de grossesse ; l’idéal étant bien évidemment une prise en charge de ces pathologies avant la conception. »

 Scintigraphie de la thyroïde

C’est un examen qui consiste à injecter un produit radioactif, comme de l’iode ou du technétium, qui va se fixer sur la thyroïde. Cet examen, indolore, permet de caractériser l’activité d’un nodule. Un nodule « chaud », est actif et sécrète de grandes quantités d’hormones thyroïdiennes, à l’origine d’une hyperthyroïdie, il est bénin.  Un nodule « froid » est inactif, il ne sécrète pas d’hormone thyroïdienne et est bénin dans 95% des cas.

Cytoponction

La cytoponction est un examen non douloureux. Il est d’ailleurs, pour certains, moins douloureux qu’une prise de sang ! Il consiste à récupérer des cellules à l’aide d’une très fine aiguille introduite dans la thyroïde. Il dure 20min et débute par un contrôle échographique. 3 piqûres au maximum sont réalisées afin d‘obtenir un prélèvement fiable. Les cellules récupérées sont analysées afin de repérer des anomalies pouvant évoquer un cancer.

 

Prévenir les troubles de la thyroïde

La thyroïde est une glande endocrine, qui synthétise et diffuse dans la circulation sanguine des hormones thyroïdiennes. Mais le métabolisme peut être corrompu par des perturbateurs endocriniens dont certains sont bien connus, mais dont d’autres se cachent dans des substances parfois insoupçonnables.

L’eau du robinet et les perchlorates

On trouve les perchlorates dans de nombreuses applications industrielles (aérospatiale, dispositifs pyrotechniques, poudres d’armes à feu, etc.). Ils peuvent accidentellement se retrouver dans l’environnement à la suite de rejets industriels. Ils interfèrent avec le processus d’incorporation de l’iode par la thyroïde et peuvent donc induire une diminution dans la synthèse des hormones thyroïdiennes (TSH).

Le Ministère des Solidarités et de la Santé indique que les taux de perchlorates présents dans l’eau du robinet ne nécessitent pas de restreindre la consommation d’eau potable à la population, mais il déconseille toutefois aux femmes enceintes et aux femmes allaitantes et pour la préparation des biberons des nourrissons de moins de 6 mois, de consommer l’eau du robinet.

Les phtalates

Les phtalates sont des perturbateurs endocriniens que l’on retrouve dans les matières plastiques et notamment dans les emballages ou dans les bouteilles en plastique, mais aussi dans les jouets, les peintures, les sols en PVC, les rideaux de douche et certains produits cosmétiques… Ils ont une affinité toute particulière pour les graisses et les alcools.

Il est donc déconseillé de consommer des aliments gras ayant été en contact avec du plastique. Éviter d’offrir d’anciens jouets en plastique ou qui ne sont pas aux normes européennes et qui peuvent exposer les enfants aux phtalates. Il est également déconseillé de bannir les cosmétiques qui contiennent du “diethyl phtalate/DEP” dans les ingrédients (en particulier pendant la grossesse).

Les PCB (PolyChloroBiphényles)

Interdits en 1987, mais totalement indestructibles, on les trouve encore dans les sédiments des milieux aquatiques, trop nombreux à avoir subi des épisodes de pollution aux PCB par le passé. Le processus de concentration des polluants dans la chaîne alimentaire des poissons de nos rivières, de nos fleuves, mais aussi des mers et des océans, expose les gros consommateurs de poissons à ces perturbateurs endocriniens.

Il est donc conseillé de préférer la consommation de petits poissons à forte teneur en oméga-3 (saumon, sardine, maquereau, hareng, truite fumée…), de limiter la consommation des poissons prédateurs sauvages (thon, lotte, loup, bonite, brochet, dorade…) et d’éviter les poissons prédateurs plus gros (espadon, merlin, requin, lamproie…).

Les retardateurs de flamme

Une étude de la Harvard T.H. Chan School of Public Health, datée de mai 2016 a conclu que les personnes contaminées par les retardateurs de flamme sont plus exposées aux déséquilibres de la thyroïde. On les trouve dans les appareils électriques et électroniques (électroménagers, téléviseurs, ordinateurs…), les matériaux synthétiques (plastiques, résines, polymères), les matériaux de construction, les mousses et matériaux de rembourrage, les isolants, les peintures, le mobilier, etc.

Il est conseillé de laver les vêtements neufs avant de les porter, d’éteindre les appareils électroniques la nuit et de bien aérer lorsqu’on achète un nouveau canapé ou tapis.

Les pesticides

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’alimentation est la principale source d’exposition aux pesticides. On les trouve dans l’eau, la viande et les poissons gras, le lait, les fruits et les légumes.

Mieux vaut se tourner vers des aliments bio ou bien laver les fruits et les légumes avant de les consommer. Et pour éviter d’en retrouver dans les aliments, éviter de les utiliser dans le jardin…

Les isoflavones

Les isoflavones sont des substances chimiques naturelles que l’on trouve dans les aliments d’origine végétale, notamment les légumineuses, les grains entiers et les légumes. C’est toutefois le soja qui en contient le plus. Ils ont une activité hormonale importante, c’est pourquoi il est conseillé de ne pas en consommer plus de 2 fois par semaine.

La radioactivité

La molécule d’iode 131 est radioactive. Si elle est inhalée, elle se fixe pour de nombreuses années sur la glande thyroïde. Elle provoque la destruction des cellules de la thyroïde pouvant aller jusqu‘à la mutation de ces cellules en cancer. C’est pourquoi, en cas d’accident nucléaire, il est conseillé aux populations avoisinantes d’ingérer des pastilles d’iode qui vont saturer la glande thyroïde et éviter la fixation d’iode 131.

 

Les alliés de la thyroïde

La marche à pied ou l’activité physique

Bénéfique à tous les égards, la marche à pied (voir notre article http://www.avenirsantemutuelle.fr/ma-sante-et-moi/thema-sante/la-marche-a-pied-le-moteur-de-votre-energie) ou l’exercice d’une activité physique, accélèrent la circulation sanguine et aident à réguler l’action des hormones thyroïdiennes.

L’iode

La thyroïde puise ses besoins en iode dans les aliments. Elle en a besoin pour fabriquer ses hormones T3 et T4 qui contiennent elles-mêmes des atomes d’iode. Consommés sans excès, 2 à 3 fois par semaine maximum, les produits iodés, comme le poisson ou les fruits de mer, suffisent à apporter les besoins en iode à notre organisme. On en trouve également dans le sel de table, les algues, l’huile de foie de morue, mais aussi dans le lait, les œufs et les fromages.

Le sélénium

Le sélénium est un oligo-élément qui régule la synthèse des hormones thyroïdiennes et participe à la transformation de la T4 en T3. C’est aussi un antioxydant qui réduit l’inflammation, intéressant dans le cas de la maladie auto-immune de Hashimoto souvent à l’origine de l’hypothyroïdie. On en trouve principalement dans les algues, les poissons, les champignons, le jaune d’œuf, la moutarde, les fruits de mer, les lentilles…

Le zinc

Le zinc stimule le fonctionnement de la thyroïde et contribue à la formation et l’activité d’une hormone produite par le cerveau qui déclenche la libération des hormones thyroïdiennes. Il est présent dans les huîtres, les germes de blé, les crabes, la viande de bœuf, de veau, d’agneau…

La vitamine D

La vitamine D permet à l’hormone T3, produite dans la thyroïde, de pénétrer dans les cellules du corps. Elle est produite notamment par la peau grâce aux rayons du soleil, mais est aussi présente dans de nombreux aliments et notamment les poissons.

Vitamine B12

Elle participe au fonctionnement optimal de la thyroïde. On la trouve essentiellement dans les abats, les viandes et les poissons.

En conclusion

La thyroïde est une glande essentielle au métabolisme de notre corps. En cas de dysfonctionnement, des traitements existent. Pour cela, un suivi par un endocrinologue est nécessaire. C’est un spécialiste des maladies des glandes endocrines, la thyroïde étant la plus volumineuse d’entre elles.

Grâce à ses connaissances médicales approfondies, il est à même de poser un diagnostic en se basant sur une série d’observations et d’examens médicaux qu’il pourra lui-même pratiquer.

Mais pour préserver notre glande thyroïde, AVENIR SANTÉ MUTUELLE vous conseille d’avoir une alimentation saine et équilibrée, de pratiquer des exercices physiques réguliers, d’arrêter de fumer, d’éliminer les perturbateurs endocriniens de votre vie et surtout de profiter des bons moments de la vie pour évacuer le stress et vivre heureux longtemps, longtemps…

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