Stop à la surinformation : comment reprendre le contrôle ?
Messages, emails, notifications, réseaux sociaux… Nos journées sont rythmées par une multitude de sollicitations numériques. Aujourd’hui en France, un salarié reçoit en moyenne entre 80 et 120 emails par jour (CloudHQ, 2025). La quantité de contenus auxquels nous sommes exposés dépasse largement ce que notre cerveau peut traiter. Ce phénomène porte un nom : l’infobésité, aussi appelée surcharge informationnelle.
Aujourd’hui, cette surabondance d’informations n’affecte pas seulement notre efficacité au travail. Elle a aussi un impact réel sur notre santé mentale, notre concentration et notre qualité de vie.
AVENIR SANTÉ MUTUELLE vous propose des pistes concrètes pour reprendre le contrôle.
Qu’est-ce que « L’infobÉsitÉ » ?
Le terme « infobésité » vient de la contraction des mots information et obésité. Il désigne l’excès d’informations auquel nous sommes quotidiennement exposés. Trop, trop vite, trop souvent. Face à cet afflux, notre cerveau ne parvient plus à trier, analyser et exploiter l’information.
Au lieu d’être utile, elle devient alors une source de fatigue et de stress.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :
- Le multitâche permanent, qui consiste à passer d’un email à une réunion, puis à une messagerie instantanée. Cela disperse l’attention et augmente fortement la fatigue mentale.
- Les outils de communication en continu (emails, Slack, Teams, notifications…) qui sollicitent notre attention à toute heure et créent une pression pour répondre rapidement.
- L’abondance de données : rapports, statistiques, études, documents accessibles en quelques clics, souvent sans tri préalable.
- La peur de manquer une information importante (FOMO), qui pousse à consulter compulsivement ses messages ou l‘actualité, entretenant ainsi un cercle anxiogène.
Les ConsÉquences sur la SantÉ et la ProductivitÉ
Une exposition prolongée à la surinformation peut avoir des effets néfastes sur la santé.
Sur le plan mental :
- Une augmentation du stress et de l’anxiété,
- Un épuisement psychologique et cognitif,
- Une baisse de la concentration et de la capacité à se focaliser,
- Un sentiment d’inefficacité et de perte de contrôle, qui nuit à la motivation et à l’estime de soi.
Sur le plan physique :
- Une fatigue oculaire,
- Des maux de tête,
- Des troubles du sommeil,
- Des tensions musculaires, notamment au niveau du cou et des épaules.
Plusieurs travaux en neurosciences ont montré que l’excès d’information augmente la charge cognitive, c’est-à-dire l’effort mental requis pour traiter les données. À long terme, cette surcharge peut fragiliser le système attentionnel et contribuer au risque de burn-out.
Comment reprendre le contrÔle de l’information ?
Il ne s’agit pas de se couper du monde ou de refuser toute information, mais d’apprendre à mieux réguler les informations qui nous parviennent pour rester maître de ce que l’on consomme.
- Consommer volontairement (et non automatiquement)
- Définir ses besoins réels : chercher une information uniquement lorsqu’elle est utile et en lien avec un objectif précis.
- Sélectionner ses sources : privilégier des sources fiables, claires et synthétiques et se désabonner de celles qui n’apportent pas de réelle valeur.
- Accepter de ne pas tout savoir : vouloir tout suivre est impossible et inutile. Choisir ce que l’on ignore est aussi une forme d’intelligence.
- Instaurer des routines intelligentes
– Consulter ses emails, les actualités ou les réseaux sociaux à des moments définis de la journée, plutôt que de réagir en permanence aux sollicitations.
Effectuer régulièrement un tri numérique (fichiers, emails, notifications).
Reprendre la main sur l’information : c’est possible. Certaines pratiques simples qui peuvent être utilisées, aussi bien à la maison qu’au travail, permettent de retrouver de l’espace mental :
- Le jeûne numérique, aussi appelé digital detox, consiste à s’accorder des périodes sans écran. Cela peut être un week-end, des vacances ou simplement d’éviter le téléphone au réveil et avant de dormir.
- Limiter les notifications au strict nécessaire. Elles sont l’un des principaux facteurs de distraction.
- Commencer la journée sans écrans : prendre quelques minutes pour lire, méditer, bouger ou réfléchir à ses priorités avant de consulter ses messages.
- Appliquer la méthode Pomodoro : 25 min de concentration + 5 min de pause
- Utiliser le mode « ne pas déranger/concentration » lors de tâches complexes.
Une meilleure hygiène numérique améliore l’attention, mais aussi le sommeil, souvent perturbé par les sollicitations tardives.

L’HygiÈne NumÉrique en Milieu Professionnel
La surcharge informationnelle est aussi un enjeu collectif et organisationnel. Les entreprises ont un rôle clé à jouer pour protéger la santé mentale et améliorer l’efficacité de leurs équipes.
Cela implique notamment de :
- Clarifier les communications : privilégier le bon canal, limiter les CC aux personnes concernées, réduire les messages non essentiels.
- Favoriser le travail concentré : instaurer des plages sans notifications et des créneaux sans réunions.
- Former et sensibiliser : apprendre à gérer l’information et ses priorités, connaître les effets de la surcharge sur le mental.
- Respecter la déconnexion : valoriser le temps hors travail et éviter les sollicitations en dehors des heures de bureau.
Des équipes moins saturées sont des équipes plus efficaces, plus concentrées et en meilleure santé.
conclusion
La surinformation est le revers inévitable de l’accès illimité au savoir. Mais elle n’est pas une fatalité.
Reprendre le contrôle de l’information, c’est faire preuve de discernement, de discipline et de bienveillance envers soi-même. En sélectionnant mieux ce que nous consommons, quand nous le faisons et de quelle manière, nous protégeons notre santé mentale et notre attention, tout en redonnant à l’information sa véritable utilité.
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Pour AVENIR SANTÉ MUTUELLE, la clé, c’est moins d’informations, mais mieux choisies.
